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Coup de soleil brésilien

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« Pauline ? Je peux entrer ? J’ai attrapé un coup de soleil aujourd’hui. »
Étrange. On vient de passer la journée dans le car.

Pour resituer le contexte, il s’agit d’un séjour d’ados itinérant au Brésil, avec vingt-trois jeunes, et je suis l’assistante sanitaire. C’était la première fois. Avant de partir, je dois avouer que je ne me rendais pas compte du rôle de l’A.S.

Pendant toute la durée du séjour, tous les soirs j’avais la visite de jeunes, souvent les mêmes d’ailleurs. C’est vrai qu’au Brésil, l’infirmerie était assez sollicitée pour des problèmes de tourista ! Mais en dehors de ces petits désagréments beaucoup venaient pour un bleu plus ou moins réel (l’endroit du coup changeant tous les jours), un coup de soleil attrapé dans un car...
Ce moment était surtout un moment d’échange, un moment où je ne m’occupais que d’eux seuls, où ils se faisaient un peu « dorloter » en quelque sorte. Pendant ce moment, on papote, parle de ce qui se passe, la vie dans le groupe, avec les copains, avec nous, la vie au Brésil comme elle va.
C’est aussi là que peuvent être verbalisés les : « Ma mère me manque », loin des oreilles moqueuses des copains et copines... Quel plaisir, et quelles complicités nées d’une simple application de pommade, d’un bout de sparadrap pour panser les bobos et les maux de l’esprit, en vacances, mais si loin de la maison.
Après ces trois semaines passées avec ces jeunes, j’ai bien pris conscience de l’importance du dialogue qui peut porter autant sur le dernier maillot de bain en vogue à Rio que sur des sujets de sexualité, de relation avec les autres, on pénètre doucement dans les intimités dévoilées avec le plus grand respect. Prêter une oreille attentive suffit parfois. S’immiscer d’avantage, mais toujours avec pudeur permet d’accompagner les jeunes dans leurs questionnements. Une relation de confiance s’installe, celle qui permet la sérénité des soins et des paroles. Mon infirmerie ambulante a fait office de méditation entre les individus et la vie de groupe.
Enfin, je n’oublierai plus que même les grands de quinze à dix-huit ans, ont besoin d’un cadre sécurisant, d’être accompagné, non pas qu’on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, mais on peut encore ne pas l’être totalement grâce à la présence d’adultes...

Pauline Court, Les Cahiers de l’Animation Vacances Loisirs n°57

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