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Des intérêts des enfants dans la découverte

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Comment j’ai commencé à comprendre l’Éducation nouvelle. Un séjour de juillet en centre de vacances dans le Massif central, avec un groupe d’une trentaine d’enfants de 9 à 10 ans. J’ai 19 ans dans la tête, quelques connaissances et plein d’idées d’activités, dans ma documentation le petit peuple des ruisseaux.

Une mare, entrevue au cours d’une première promenade, avait semblé éveiller la curiosité. J’ai donc proposé aux enfants d’aller à la mare observer la vie des poissons, des grenouilles, des insectes, des larves et des plantes aquatiques.

Je me suis préparé et j’ai rassemblé boîtes, seau, petits flacons en verre. J’ai fabriqué un troubleau avec la toile d’un sac à pommes de terre et une fourche de noisetier, construit une caisse avec fond vitré pour observer dans l’eau... bref, « je suis au top » pour la mare.

La mare est à un kilomètre. à 15 heures, me voilà parti avec une douzaine de filles et de garçons. Au premier tournant du chemin, le bruit rythmé d’une machine nous fait dresser l’oreille. Passé le virage, nous découvrons une moissonneuse-batteuse. Nous nous arrêtons. Les enfants regardent. Ils sont fascinés par l’avant de la machine qui engloutit les épis et les tiges dans son ventre, par l’arrière qui recrache balle et paille hachée, par les courroies, les poulies, les bielles apparentes. Le propriétaire du champ est là, il surveille la qualité du travail. Il nous rejoint, la conversation s’installe, les enfants questionnent.

Le temps passe, je regarde ma montre... et la mare ? J’attends encore quelques minutes puis insiste pour que nous repartions. Un quart d’heure après, nous sommes arrivés. J’organise, je répartis le matériel en expliquant l’utilisation. Les observations commencent. Deux filles et un garçon sont avec moi, attentifs. Le reste du groupe s’étire sur une centaine de mètres. Au bout d’un moment, j’entends des cris et des bruits de course dans la pente boisée toute proche. J’appelle pour ramener tout mon monde au bord de la mare, sans succès. Finalement, accompagné par les « fidèles », je rejoins les fuyards qui manifestent l’envie de jouer à la guerre dans les fougères, les « fidèles » se rallient à cette proposition. Alors, la mare !!!
Que faire ? Discourir sur les beautés de la nature et l’intérêt de comprendre la vie ? Non.

Faire preuve d’autorité et n’avoir qu’une adhésion très relative ? Encore moins.
Ici, je n’ai pas de programme, la décision est prise en quelques secondes.
J’organise le jeu en jeu d’approche avec prise à vue, deux équipes, les défenseurs au sommet de la butte, les attaquants sur les pentes... à l’attaque ! Cela joue bien, on change de rôle, on ajoute des règles... à 18h30, j’arrête le jeu. Il faut rentrer. Au passage nous ramassons le matériel d’observation. Sur le chemin du retour, les enfants parlent d’attaques de châteaux forts, de chevaliers et puis il y a la vieille tour du fond du parc. Pendant trois jours, la vie du groupe sera féodale : fabrication de boucliers, de heaumes, d’épées, de hennins, d’éléments de costumes et la vieille tour du fond du parc sera le lieu du jeu dramatique.

Quant à la mare, dix jours plus tard, une quinzaine d’enfants parmi lesquels « les fidèles » manifesteront l’envie d’y aller. Nous irons deux fois, et cette fois, les découvertes seront nombreuses, les observations précises, les deux aquariums du centre seront richement peuplés et nous parlerons même de conservation des lieux humides.

Claude Gratien, Les Cahiers de l’Animation
Vacances Loisirs, n° 43

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